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je peux m'étourdir, esquiver, continuer à fuir...
mais ÇA reste toujours là, au fond, au centre de moi
- bonsoir, je m'appelle f. et je suis alcoolique
dixième jour sans boire
j'ai le vin exubérant, aphrodisiaque, bavard, vomitif, dansant...
mais jamais le vin triste
c'est peut-être ça le secret
je m'aime quand je suis saoule
j'ai le vin solution
je choisis de vivre sans
mais il va falloir le regarder en face
cet abime intérieur
et le combler peu à peu
seule
sans subterfuges
sans plus chercher d'autres regards aimants
que le mien.
faire de vraies rencontres
au milieu du bordel ambiant
aimer des êtres pour ce qu'ils sont
être aimée telle que je suis
légèreté
fumer, boire, sortir, parler
trop, surement...
mais
il y a aussi ce tourbillon de pensées
d'affinités
d'antipathies
de diversités
je vais peut-être arriver
à ne plus détester l'autre d'emblée
mais apprendre de ses différences
au milieu des excès, j'avance
vers ce que je suis.
j'ai toute la légèreté que je veux
toute la liberté que je veux
j'ai même découvert
en riant
que je savais marcher
avec des souliers à talons hauts
et argentés
je peux
être futile
être sérieuse
être ridicule
rester au lit
ne pas me coucher
rentrer seule
ou accompagnée
ou ne pas rentrer du tout
pleurer
ou rire
mais parfois
je voudrais juste
une épaule où me blottir
un baiser sur mes cheveux
un mot tendre
quelqu'un avec qui parler dans le noir
aujourd'hui
j'ai toute la légèreté que je veux
toute la liberté que je veux
mais
je ne sais pas tout à fait
qu'en faire...
elle me dit
que je les ai toutes fait rêver en décidant de changer de vie
elle me parle de mon assurance grandissante
et de ma nouvelle façon d'être
elle dit que
malgré mes dilemmes
malgré mes scrupules
et même épuisée par le manque de sommeil
ou préoccupée par des histoires à dormir debout
je respire la sérénité
mais...
ne plus construire d'édifices chancelants
dormir
boire moins
ne pas se laisser submerger par le besoin de tendresse
profiter pleinement des moments de solitude
rire
faire rire
et prendre la fuite si il le faut
être moi
sans adjonction d'alcool
ou de subterfuges.
cette fois
j'ai reçu plus de coups de fils, de mails et de sms que pendant les trente années précédentes
à la même date
un cadeau surprise
de mes copines
des vêtements de fille
... et un début de transformation
à mon goût...
un champagne surprise
de mes collègues
et des présents en chocolat
mais
ce soir
je n'échappe pas au blues du nouvel âge
j'ai englouti tout le chocolat.
écouter mon instinct
directement
et ne plus tergiverser
ne plus perdre du temps
sur des choix que j'ai déjà faits
au fond
je connais très bien mes limites
c'est à moi de les respecter
me respecter
je sais ce qui est bon pour moi
y croire
me faire confiance
effacer ce besoin de justification
d'approbation
écouter mon instinct
pour les choses importantes, il ne m'a jamais trompée
j'ai juste perdu du temps à essayer de le nier
la solution est là
en moi
et c'est comme un émerveillement
d'en découvrir la réalité
et la simplicité.
comme une ado
me rebeller toujours
mais ne jamais contester vraiment
car je ne sais pas où sont les limites
mes limites
des réactions violentes comme un signe
de faiblesse
de recherche d'identité
d'un tempérament de victime potentielle
me définir
la plus grande des forces serait de savoir qui je suis.
pas si cynique, au fond
juste égarée
par la faiblesse
ou la force
de mes sentiments
éparpillés
et contradictoires...
ne pas souffrir
ne pas faire souffrir
ne pas me faire souffrir.
trop tôt pour l'amour
et pas envie, non plus
m'enfermer à nouveau
quand je commence à peine à me sentir libre ?
non
non
non
j'ai retrouvé les morceaux égarés de ma libido
puzzle intéressant
en reconstruction
imminente
trop tôt pour l'amour
trop tard, peut-être, aussi
mais pas pour le désir
les chemins des possibles sont ouverts à nouveau.