faire de vraies rencontres
au milieu du bordel ambiant
aimer des êtres pour ce qu'ils sont
être aimée telle que je suis
légèreté
fumer, boire, sortir, parler
trop, surement...
mais
il y a aussi ce tourbillon de pensées
d'affinités
d'antipathies
de diversités
je vais peut-être arriver
à ne plus détester l'autre d'emblée
mais apprendre de ses différences
au milieu des excès, j'avance
vers ce que je suis.
j'ai toute la légèreté que je veux
toute la liberté que je veux
j'ai même découvert
en riant
que je savais marcher
avec des souliers à talons hauts
et argentés
je peux
être futile
être sérieuse
être ridicule
rester au lit
ne pas me coucher
rentrer seule
ou accompagnée
ou ne pas rentrer du tout
pleurer
ou rire
mais parfois
je voudrais juste
une épaule où me blottir
un baiser sur mes cheveux
un mot tendre
quelqu'un avec qui parler dans le noir
aujourd'hui
j'ai toute la légèreté que je veux
toute la liberté que je veux
mais
je ne sais pas tout à fait
qu'en faire...
elle me dit
que je les ai toutes fait rêver en décidant de changer de vie
elle me parle de mon assurance grandissante
et de ma nouvelle façon d'être
elle dit que
malgré mes dilemmes
malgré mes scrupules
et même épuisée par le manque de sommeil
ou préoccupée par des histoires à dormir debout
je respire la sérénité
mais...
ne plus construire d'édifices chancelants
dormir
boire moins
ne pas se laisser submerger par le besoin de tendresse
profiter pleinement des moments de solitude
rire
faire rire
et prendre la fuite si il le faut
être moi
sans adjonction d'alcool
ou de subterfuges.
cette fois
j'ai reçu plus de coups de fils, de mails et de sms que pendant les trente années précédentes
à la même date
un cadeau surprise
de mes copines
des vêtements de fille
... et un début de transformation
à mon goût...
un champagne surprise
de mes collègues
et des présents en chocolat
mais
ce soir
je n'échappe pas au blues du nouvel âge
j'ai englouti tout le chocolat.
écouter mon instinct
directement
et ne plus tergiverser
ne plus perdre du temps
sur des choix que j'ai déjà faits
au fond
je connais très bien mes limites
c'est à moi de les respecter
me respecter
je sais ce qui est bon pour moi
y croire
me faire confiance
effacer ce besoin de justification
d'approbation
écouter mon instinct
pour les choses importantes, il ne m'a jamais trompée
j'ai juste perdu du temps à essayer de le nier
la solution est là
en moi
et c'est comme un émerveillement
d'en découvrir la réalité
et la simplicité.
comme une ado
me rebeller toujours
mais ne jamais contester vraiment
car je ne sais pas où sont les limites
mes limites
des réactions violentes comme un signe
de faiblesse
de recherche d'identité
d'un tempérament de victime potentielle
me définir
la plus grande des forces serait de savoir qui je suis.
il ne parle jamais de son désir pour moi
alors, j'ai l'impression d'être un objet
parfois
il dit :
- mais tu es conne !
je dis :
- non.
et tu me dis plus souvent tu es conne que tu es belle...
mes copines me font plus de compliments que toi
je crois, bizarrement, qu'il y a quelque chose qui te plait en moi, que ça fait bien de m'avoir à tes côtés, mais ce serait mieux si je me taisais, si je m'habillais autrement, si je me maquillais, si je buvais moins, si je fumais moins...
il dit :
- mais tu es conne !!
et il me serre très fort contre lui
il caresse mes cheveux, mon visage...
il a son air d'adoration
et il dit, gêné :
- je sais que je devrais pas dire ça, mais je voudrais que tu restes avec moi, toujours. je veux un enfant avec toi... plus tard, si ça marche. c'est ça que je voudrais.
je dis :
- ben, y a du boulot pour en arriver là
mes hormones disent :
- pourquoi pas tout de suite ?
mon corps dit :
- waouh !
ma tête dit :
- sauve-toi
mon coeur reste muet
tétanisé
en attente de la prochaine crise
mais je suis tout entière attendrie.
il dit que puisqu'on se quitte définitivement
tous les deux jours
on pourrait entre temps se faire des promesses éternelles
il dit qu'il veut plus
pas seulement que je sois sa copine
mais sa femme
c'est le mot qu'il emploie
pour dire qu'il veut qu'on construise ensemble
il parle même d'un enfant, plus tard, si ça marche
il dit que je suis très belle
il dit tu es magnifique
il dit je ne peux pas imaginer qu'un jour tu me plaises moins
il dit tu es la définition du mot femme
et quand je ne le crois pas,
quand je ne lis rien de tout ça dans ses yeux
il dit j'en veux aux connards qui t'ont donné cette image de toi
mais
ensemble,
on ne vit pas, on analyse
on ne baise pas, on discute
il a des colères improbables et énormes
contre moi
pour des futilités
il veut me façonner
pour notre bonheur commun
et moi,
j'existe de moins en moins
je m'abaisse
je supplie
je m'avilis
pour un amour auquel je ne crois même pas
je suis en train de perdre le peu de moi que j'avais trouvé
je m'enferme à nouveau
dans une relation-prison
par lâcheté
et parce que je ne veux pas faire de choix
j'attends qu'il me quitte
pour de bon
heureusement
je sais que ses sentiments ne pèsent pas lourd
dans ses choix de vie
efficaces
il faut que je trouve la force de ne pas considérer ça comme un drame
et que je reprenne mon propre chemin
lent et tortueux
vers moi
à chaque erreur ses enseignements
ma vie va vers le mieux.
mon rapport aux autres
mon rapport aux hommes
mon rapport à la féminité
mon rapport à moi-même
la définition de mon territoire
et de ce que je suis
ma psy m'a dit aujourd'hui
ce qu'il ne cesse de me répéter
c'est marquant
mais venant d'elle, je peux l'entendre
peut-être que ce garçon me fait du bien, au fond...
et puisque les réconciliations sur l'oreiller sont enfin envisageables
parler moins
aimer plus
et mieux...
les jours à venir ont une couleur différente
mais
je ne peux pas
je ne veux pas
envisager, même une seule seconde,
qu'il soit le dernier que je puisse séduire
le dernier avec qui je ferai l'amour
est-ce que je peux m'engager vraiment ?