dernier métro
ceux de la nuit sont fatigués
je rentre tôt
mais je suis saoûle, et c'est bon
la féline, juste pour voir
le barman me dit que c'est pas beau de réclamer
il paye quand même sa tournée
une mauresque au lieu de mon pastis
je râle un peu, juste pour la forme
mais je vais pas rechigner
y. le tatoué me demande :
il te plait, le mec, là-bas ? je te l'amène, si tu veux
non, pas envie, j'arrête les conneries
il sort sa dent déracinée de sa poche et s'en sert de médiator
ses gros doigts
la bague qu'il porte à l'auriculaire est trop large pour mon pouce
p. est parti
- je t'attendrai, tu sais
- arrête tes salades
- je sais, je suis "sécurisée", pas toi, on est pas du même monde, barrière, blablabla...
- j'ai dit des conneries l'autre soir
- non, t'as rien dit de tel... c'est moi qui ai réalisé...
envie de basculer, parfois
de briser la barrière
rejoindre son univers
sursaut
se raccrocher aux branches de la norme
je prends le métro pour rentrer.
Comments
aie
alors non !
pas la norme...
rester des étoiles dans les yeux
et surtout pas dans la norme...
un peu quand même
encore une question d'équilibre...