contre coup
et je n’arrive plus à ramer…
une grande tristesse m’habite
je l’ai laissée prendre possession de moi
un peu comme si
je retrouvais une vieille amie…
demain…marche
je jetterai dans le vide
de l’aiguillette des posettes
toute cette mélancolie
qui ne me convient pas…
journée d’entre deux…
et d’entre aide aussi
les enfants ont débarqué
et les petits aussi…
nous avons repoussé les murs
pour qu’elle puisse vivre
si l’envie lui prend
sans escaliers…
j’ai aimé l’entrain
les rires et les craintes aussi
les pleurs et la bonne humeur
d’un déménagement…
les galettes complètes
et le cidre brut
son univers est devenu peau de chagrin
je vais essayer de maintenir
de tenir ce frêle équilibre…
et ce soir
notre historien m’écrit
« dehors y a des moments
ou les choses semblent se déliter
aussi continuons à nous envoyer
des signaux depuis nos îles désertes »
oui continuons
le lien est là
tenu
mais il existe…
elle divague
ne sait plus…
sa tête cassée
est diffuse
confuse
elle regarde ses pieds
et se demande
ou a bien pu passer ses pantoufles
que pourtant elle porte…
le regard hagard
elle ne retrouve pas son univers
pourtant rien a changé…
une chute
juste une chute !
absurde
maman…reviens merde
épongé ton sang
bon sang
c’est pas possible
pas mon rôle
pas à moi !
découvrir
une scène de crime
sans crime
juste une chute
merde
parfois
elle me rattrape
m’entoure
m’investi
me vrille
comme ce soir
hier
je lisais… Jean-Paul Dubois…
au hasard d’une phrase
j’ai souri
je reconaissais un sentiment
longtemps éprouvé...
Il m’arrivait assez souvent de m’absenter de la sorte, de devenir quelque chose de dur, d’opaque, de sourd, de fermé. C’était comme si chaque cellule de mon corps se soudait à sa voisine pour ne plus former qu’un unique bloc minéral, une structure monolithique, dépourvue de crainte et d’affect, devenue inaccessible, inviolable.
ce soir…je ne souris plus
silence bénéfique
agitation tout autours…
mais silence intérieur
le népal se profile
je l’attendais celui là...
devant moi
un an et demi de préparation
tout se mettra en place dans la lenteur
notre marche intérieure commence là…
rejoindre ces sommets
les effleurer
sans vouloir les conquérir…
état d’esprit…heureux
et puis
il nous a dit
faisons le silence un instant
et pensons
souvenons nous de notre meilleur souvenir
avec marcel…
j’avais six huit dix et vingt ans
mon oncle m’emmenait
voir son copain marcel
il y avait aussi maurice son frère…
dans leur laboratoire
là
ou ils fabriquaient le pain
maurice volubile
et marcel plus effacé…
dialogues chaleureux truffés de rires
dans cette ambiance de boulange…
et ces paniers plein de pains chauds
que l’on poussaient
en remontant la rue
pour rejoindre la boulangerie
ou leurs femmes officiaient à la vente
la boulangerie a fait place
à un magasin de produits régionaux
et le four
à un magasin de minéraux
il a demandé à être placé face au lac
nous étions nombreux cet après midi…
no man’s land
bulle
retraite
retranchement
ils meurent
comme ça
les uns derrière les autres…
époustouflant !
ils se suivent
sans se connaître
sans se ressembler…
et celui qui
oui lui
reçoit une piqûre d’encouragement…
vous êtes là depuis très très longtemps
alors on vous prolonge
un jour il halète
le lendemain il rue dans les brancards
humain ?
je ne crois pas !
ou donc se situe notre dignité ?
quand on nous prolonge
au-delà de la date limite…
ce matin
sonne le glas
pour leurs délivrances
